L’Agartha.

 

 

 

J’ai blotti ma conscience

Au fond d’un doux vallon :

Au cœur d’une oraison

De couleur bleu intense.

Avec mes yeux grandis,

Ouverts sur le silence,

J’ai aboli l’absence

En découvrant ma vie :

 

J’ai regardé au nord.

J’ai respiré l’orient.

J’ai écouté le sud.
J’ai touché l’occident.

Au centre, j’ai goûté

Toute l’immensité !

 

Ma conscience endormie,

Je l’ai reçue, émue,

Contre mon bonheur nu et mon cœur ébloui !

Elle m’apparaissait

Pure … et douce … et limpide

Comme une elfe sylphide

Perdue dans les marais.

 

Là, je l’ai retrouvée :

Vie sommeil, vie d’éveil,

Siamoises pareilles,

Nous nous sommes trouvées.

Et nous allons nous fondre

En ma mémoire ouverte :

Le balancier s’arrête

Au seuil de l’eau profonde …

 

Et commence le chant

Qui peuplait tous mes rêves :

Comme une paix sans trêve,

Il monte vers le vent …

Réveille ma conscience

Dans le fond du vallon,

Elève l’oraison

Jusqu’à mon espérance !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il fait face à la mer

Qui est loin mais si proche :

Et les mots se rapprochent,

N’osant plus bien se taire …

 

De mon ouïe grandie,

Recevant ma conscience,

J’abolis le silence

En écoutant ma voix !

DE MON OUI GRANDIE,

RECEVANT MA CONSCIENCE,

J’ABOLIS LE SILENCE

EN ECOUTANT MA VOIX !

 

Je regarde le nord.

Je respire l’orient.

Oui, j’écoute le sud.

Dans le centre, je goûte

A mon éternité.

 

Il monte dans ma voix

Le messager de l’air

Qui nous portait, hier,

Et qui portait nos voix …

Je respire la pluie.

Les nuages s’avancent :

Libérée du silence,

L’eau s’ouvre sur la Vie !

 

Elle tombe du nord !

Elle est soufflée de l’est !

Elle abreuve le sud

Et lave tout l’ouest !

Au cœur de chaque goutte,

Bat ton éternité !

Au centre d’une goutte,

Je bois l’éternité !!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En regardant au nord,

En respirant vers l’est,

En écoutant le sud,

En touchant tout l’ouest :

C’est mon centre qui goûte

A ton immensité …
C’est mon centre qui goûte

A ton éternité !

 

Alors, je prends la plaine

Par l’autre bout du vent

Et j’efface le temps,

De ma plume ronde et pleine.

Tout au fond du vallon,

Ma conscience grandit.

Dans le ciel ébloui,

Je lis : mon oraison !

 

Elle vole vers le nord !

Elle vole vers l’orient !

Elle vole vers le sud !

Elle vole … vers l’occident !

En moi, le centre voit

Toute l’immensité !

En moi, le centre va,

Comme l’éternité !...

 

Marie-Hélène DUPONT –Orâme